26/04/26 - 81e Journée Nationale du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation


Marseille,
le 26 avril 2026

Une cérémonie de la Déportation longtemps attendue
pour les homosexuel-les


Marseille, avec Paris et Lille, est une des premières villes où les homosexuels ont déposé une gerbe en 1995 lors de la Cérémonie du souvenir des Héros et des Victimes des déportations nazies.

Mais le chemin a été long pour être pleinement admis et reconnu.


De 1995 à 2010 nous avons déposé la gerbe des LGBT+ en dehors de la cérémonie officielle et après elle.


En 2010, une intervention de la HALDE (devenue Défenseur des droits) a fait une observation au Préfet concernant cette discrimination. Nous avions alors fourni un dossier soulignant notre constante présence depuis 15 ans.

A partir de cette date, nous avons été acceptés dans le cadre de la cérémonie officielle, et nous avons déposé chaque année notre gerbe au nom du Mémorial de la Déportation Homosexuelle.

Nous avons eu le plaisir de recevoir chaque fois les soutiens nécessaires, par une présence nombreuse de militants LGBT+ lors des cérémonies et pour l’achat de la gerbe.


Mais nous ressentions peu à peu un malaise, nous étions admis à condition d’être marginaux.

Les propos qui avaient été tenus à la presse en 2010 de la part de la porteuse de la gerbe commune des Déportés internés et résistants (« ces gens n’ont pas d’enfants ») ou de la part d’autres personnes (« vous ne représentez rien »), n’ont jamais été démentis.

Nous avons considéré que pour dépasser ce plafond de verre, il fallait exiger davantage, cela signifiait être intégrés à la gerbe commune de déportés.

Une pétition a été très largement signée en ce sens en 2024.

En même temps, nous demandions la représentation des différents triangles de la Déportation comme cela se fait dans de nombreuses villes.

Les partenaires publics comprenaient notre demande (Préfecture, Ville, ONAC, etc.) mais les dernières porteuses de la gerbe commune étaient encore réfractaires. Le dernier argument qui nous a été avancé pour admettre notre présence a été de retirer le mot homosexuel, en ajoutant « si vous prenez l’appellation Les Oubliés de la Mémoire par exemple cela conviendrait mieux » ... 

Par chance, la porteuse de la gerbe qui tenait ces propos en 2025 s’est retirée, c’est un représentant de l’association nationale de la France libre - beaucoup plus ouvert - qui a été désigné.


Et les choses se sont d’un seul coup, dénouées.« Mais bien sûr je ne vois aucun inconvénient à vous avoir à mes côtés » nous a-t-il dit en substance.

Ainsi pour la première fois en 2026, soit 30 ans après. Nous avons pu être associés à la gerbe commune. C’est une (petite) victoire. Nous la devons à tous ceux qui ont été déportés pour homosexualité.

Christian de Leusse
Délégué du MDH, Marseille