Présentation de l'association

Bienvenue sur le site de l'association "Mémorial de la Déportation Homosexuelle"
Notre association milite en faveur de la reconnaissance par l'Etat français de la déportation de personnes pour motif d'homosexualité à partir du territoire français durant la Seconde Guerre Mondiale.
L'association a publié une brochure biographique en mémoire de Magnus Hirschfeld, dont l'action militante pionnière au début du siècle fut la base de tout le mouvement homosexuel du XXème siècle. A la suite du décès de Jean Le Bitoux, président fondateur du MDH, nous avons publié un livre-témoignage des acteurs LGBT français allant des années 70 à aujourd'hui.

09/07/19 - Journée de Rencontres - Un pionnier du mouvement homosexuel en exil: le destin du Dr. Magnus Hirschfeld





Un pionnier du mouvement homosexuel en exil:
le destin du Dr. Magnus Hirschfeld





L'association Mémoire des sexualités propose une conférence dans le cadre de l'Université d'été de l'ARES (Association de recherches et d'études sur la Shoah) qui porte le thème de "La Shoah et la rencontre des cultures"

Mardi 9 Juillet 2019 - 10h30-11h30 : à l'amphi Charve, Faculté Saint Charles, 3 place Victor Hugo 13003 Marseille

Première Table ronde : Les exils de la Première Guerre mondiale
Sous la présidence de Philippe Joutard Recteur

Avec Gérard Koskovich, historien, GLBT Historical Society, San Francisco : Un pionnier du mouvement homosexuel en exil : le destin du Dr Magnus Hirschfeld



26/02/19 - livre - Marqués du triangle rose de Ken Setterington

Sortie le 26 février 2018 du livre : Marqués du triangle rose de Ken Setterington
Editions Septentrion Quebec.


Avant les années 1930, l'Allemagne, et en particulier sa capitale, Berlin, était l'un des endroits les plus tolérants envers les homosexuels. Des militants comme Thomas Mann et Albert Einstein ont ouvertement milité pour les droits des gais. Mais tout cela change quand le Parti nazi arrive au pouvoir. La vie des homosexuels devient alors rapidement un enfer : raids, arrestations, emprisonnement et expulsions deviennent monnaie courante. Lorsque les camps de concentration sont construits, les homosexuels sont emprisonnés en même temps que les autres groupes que les nazis veulent supprimer. Le triangle rose, cousu sur les uniformes des camps, devient ainsi le symbole de la persécution des homosexuels, une persécution qui continuera pendant de nombreuses années après la guerre.

Ken Setterington relate ces événements à travers un mélange de recher­ches historiques, de témoignages et de récits individuels, avec l'espoir que ces histoires de bravoure devant la cruauté et d'amitiés trouvées dans les profondeurs du désespoir sauront à la fois éduquer et inspirer les futures générations.


Le livre est disponible à la vente dans toutes les bonnes librairies, par exemple à la fnac.



19/06/19 - Paris inaugure la rue Pierre Seel au cœur du Marais



La Ville de Paris célèbre la mémoire des personnalités dont la vie et l’œuvre ont contribué à la lutte pour les droits des personnes LGBTQI+ à travers le monde en inaugurant mercredi 19 juin 2019 dans le 4e arrondissement les « places Harvey Milk, Ovida Delect et des Emeutes de Stonewall », et une « rue Pierre Seel ». Elle a dévoilé aussi une plaque commémorative en hommage à Gilbert Baker inventeur du drapeau arc-en-ciel.

Cette célébration se tient dans le cadre de la Quinzaine des Fiertés LGBT+ de l’Inter-LGBT, quelques jours avant la Marche des Fiertés qui commémorera les 50 ans des émeutes de Stonewall qui ont eu lieu à New-York.

Ces hommages font suite aux avis émis par la commission de dénomination présidée par Catherine Vieu-Charier, en accord avec la recommandation 44 du rapport de Jean-Luc Romero de « Nommer certaines rues, places et équipements en l’honneur de personnalités LGBTIQ » et avec le soutien de Parisiennes et de Parisiens.



Harvey Milk, 1er élu municipal américain ouvertement homosexuel



Son engagement politique le fait connaître comme le maire de Castro Street à San Francisco. En 1977, Harvey Milk est élu au conseil municipal, dans l’équipe de George Moscone, et devient le premier homme ouvertement homosexuel à être élu. Il est assassiné en 1978 et considéré comme un martyr de la cause homosexuelle.

Ovida Delect, poétesse et militante communiste
 
Déportée en 1944 pour résistance, elle rentrera des camps à 19 ans. Ovida Delect née Jean-Pierre Voidies,  transitionne et choisit son nom de femme et de plume en 1975. Cette poétesse et militante communiste produit de nombreux ouvrages et témoigne de sa transsexualité.

Les Émeutes de Stonewall à l’origine de la Marche des Fiertés

2019 marque les 50 ans des Émeutes dites de Stonewall qui débutent dans la nuit du 27 au 28 juin 1969 à New York. Cet événement de rébellion contre l’autorité policière et la persécution des homosexuels est l’avènement du mouvement militant pour les droits des personnes LGBTQI+.

Gilbert Baker, créateur du drapeau des fiertés
Artiste américain, militant des droits civiques. a conçu le célèbre étendard aux huit couleurs pour la journée de la liberté homosexuelle, en 1978, à la demande de Harvey Milk.

Pierre Seel, déporté français pour homosexualité

L'inauguration eu lieu en présence de la famille de Pierre Seel. La rue située entre la rue de Rivoli et celle du Roi de Sicile, porte son nom désormais.



Et les hommages se poursuivront : Paris, capitale des Fiertés, poursuit ce travail de mémoire, et travaille actuellement aux prochains hommages qui seront rendus à Yves Saint-Laurent, Bernard-Marie Koltès, Marielle Franco, Cleews Vellay, Edith Thomas, Madeleine Pelletier, Alan Turing, Marguerite Huré, Thérèse Pierre et James Baldwin.

Plus de 40 lieux ont été dénommés dans tous les arrondissements en hommage à des personnes LGBTQI+, depuis l’inauguration de la plaque en hommage à Bruno Lenoir et Jean Diot, rue Montorgueil, en 2014. Ainsi la Maire de Paris et ses adjoint·es ont inauguré, la place Renée Vivien (3e), le jardin Mark Ashton (4e), le square Michel Foucault (5e), l’allée Pierre Herbart (7e) la promenade Coccinelle (18e) et le passage Susan Sontag (19e).

Paris est la capitale de l’amour
Pour la première fois dans le monde, grâce au vote à l’unanimité des groupes politiques représentés au Conseil de Paris, les couples de femmes sont entrés dans la nomenclature officielle d’une ville avec l’allée Claude Cahun et Marcel Moore ou encore la place Louise-Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt dans le 6e arrondissement.

A l’occasion du 75e anniversaire de la Libération de Paris, les allées Éveline Garnier et Andrée Jacob, couple de résistantes, seront inaugurées le 29 août 2019.

Depuis le début de la mandature, le Conseil de Paris adopte à l’unanimité les hommages à des personnalités issues de tous les horizons, traduisant ainsi la diversité et la visibilité pour lesquelles Paris est fière : jardin Federico García Lorca (4e), square Roger Stéphane (7e), passage Rose Valland (17e ), Bibliothèque Violette Leduc (11e), jardin Françoise Mallet-Joris, place Keith Haring (13e), rue Hervé Guibert (14e) et la rue Eva Kotchever (18e).


Liens et téléchargements
Dans la presse : 






Du 4 au 19 juin 2019 - Exposition : La déportation des homosexuels à Bordeaux

Le MDH est heureux de s'associer avec Le Girofard - Centre LGBT Bordeaux-Aquitaine pour présenter l'exposition "La Déportation homosexuelle". Les militants et le public bordelais sont sensibles, depuis de nombreuses années, à la mémoire des déportés homosexuels. Une gerbe est déposée chaque année par la LGP Bordeaux durant la Marche des fiertés, et les militants LGBT sont nombreux à se recueillir pour la Journée du Souvenir de la Déportation. C'est grâce au soutien de chacun et de tous, grâce à la mobilisation des associations de Bordeaux que le Triangle rose est affiché depuis 2014 durant cette cérémonie du Souvenir.


Avec ses douze panneaux, l'exposition du MDH offrira une synthèse claire sur la réalité de la déportation pour homosexualité.

Du 4 au 19 juin 2019, inauguration le 4 juin.
Le Girofard - Centre LGBT 34 rue Bouquière, Bordeaux
www.le-girofard.org

    


23/05/19 - Paris inaugure l'allée Pierre Herbart, écrivain, homosexuel et grand résistant

Voici un article qui a été publié sur TETU le 23 mai 2019 :

https://tetu.com/2019/05/23/charles-dantzig-rend-hommage-a-pierre-herbart-ecrivain-homosexuel-et-grand-resistant/#dIV2VVPPj7SQUl2P.99

C'est un texte de l’écrivain et éditeur Charles Dantzig :


L’allée Pierre Herbart est située Square Boucicaut,
dans le VIIe arrondissement de Paris.



Depuis plusieurs années, l’écrivain et éditeur Charles Dantzig se bat pour qu’une rue porte le nom du romancier et résistant Pierre Herbart. C’est désormais chose faite à Rennes et à Paris, dans le VIIe arrondissement, où une allée a été inauguré ce matin, jeudi 23 mai 2019. Dans un très beau texte, Charles Dantzig rend hommage à un auteur méconnu mais précieux. À un homosexuel et un grand résistant dont la vie bat en brèche le fantasme des « gays collaborateurs ».

Je ne crois pas qu’on puisse être un bon écrivain si on ne paie pas sa redevance aux fantômes. Les fantômes, ce sont les écrivains d’avant nous, ceux qui nous ont révélés à nous-mêmes par leurs livres. Nous leur devons cela, et nous devons leur rendre notre dû. Un des fantômes dont je me suis occupé avec le plus de plaisir est Pierre Herbart. Un écrivain fin, très fin, si fin que le très grand public ne le voit pas. Pierre Herbart vit très bien avec l’admiration et l’affection des quelques centaines de lecteurs qui le conservent dans leur bibliothèque, mais il ne perd rien à être mieux connu, et surtout, ce sont les lecteurs qui y gagneront. Après lui avoir consacré quelques pages dans un de mes livres, j’ai passé commande d’une biographie de cet excellent écrivain à un excellent biographe, Jean-Luc Moreau, qui a d’ailleurs reçu le prix de la biographie de l’Académie française pour son livre.

La biographie publiée, je me suis adressé à deux maires de grandes villes en leur suggérant de rendre hommage à Herbart en donnant son nom à une rue. Bertrand Delanoë a engagé la procédure, le sénateur Julien Bargeton a pris le relais, et nous voici réunis pour honorer Herbart à Paris, avec Christophe Girard, maire adjoint chargé de la Culture et qui s’en charge si bien. J’ai le plaisir de vous annoncer que le maire de Rennes a lui aussi donné suite à ma demande, et Herbart a désormais sa rue à Rennes. On peut dire que Rennes et Paris s’illustrent d’illustrer Herbart ; ces rectangles émaillés de couleur verte disent à chacune des deux cités : littérature et honneur.

Herbart est, avant tout, un admirable écrivain. Des romans comme Le Rôdeur et L’Âge d’or, moirés, irisés, délicats, elliptiques, pourraient avoir été écrits dans la Grèce antique. Des essais comme En URSS et La Ligne de force valent au moins autant que le Retour d’URSS de Gide, dont Herbart a été le secrétaire, et La Condition humaine de Malraux, l’un et l’autre ayant comme Herbart été du bon côté, le côté honorable et qui contrairement à ce qu’on dit est facile à trouver, car c’est le côté de l’humain. Herbart a fait partie de cette gauche littéraire humaniste qui a donné de si bons écrivains à l’Europe. De gauche, mais antistalinien, et anticolonialiste de toujours. Et donc très bon français, car il n’est pas dit que coloniser autrui soit la mission de la France.

Herbart, homme aussi nonchalant qu’élégant, n’a pas jugé inélégant de froisser ses vêtements pour la France et pour l’humanité. Il l’a fait au côté des républicains espagnols dès 1936, puis en France durant la Deuxième Guerre mondiale. Et c’est à ce titre aussi que les Parisiens seront réjouis par cette plaque. Elle leur dira qu’il peut exister autre chose, dans cette période si complaisante envers l’abjection, que des penseurs de télévision aboyant leur admiration pour Vichy et des partis financés par des puissances étrangères se présentant tranquillement à des élections dans l’espoir avoué de terrasser la démocratie, cette démocratie qui sait si mal se défendre. Elle le sait mal parce qu’elle n’en a pas l’imagination. La démocratie n’a pas l’imagination des salauds. Et si elle ne l’a pas, c’est que ce n’est pas en elle. Herbart avait de l’imagination parce qu’il était romancier. Il a bien compris ce qui était en jeu, et il est devenu résistant. Nommé délégué général régional pour la Bretagne par le Mouvement de Libération nationale, c’est lui qui a arrêté le préfet de département et le préfet de région, grâce à quoi Rennes a été la première capitale régionale libérée des Allemands.

« Herbart était gay. Et cela contrevenait à une légende. Elle voulait que « les gays » aient été collaborateurs par excitation sexuelle à la vue des militaires allemands. »

« Des hétérosexuels, n’est-ce pas ? »

J’étais bien étonné qu’il y eût tant de rues Pierre Brossolette en France et pas de rue Pierre Herbart. Brossolette a été un héros et il mérite bien entendu ses rues, mais il me semblait trouver quelque chose de douteux dans cette absence. Comme s’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Et en effet quelque chose n’allait pas. Herbart était gay. Et cela contrevenait à une légende. Elle voulait que « les gays » aient été collaborateurs par excitation sexuelle à la vue des militaires allemands. Je voudrais simplement énumérer quelques noms. Pétain. Laval. Brinon. Darlan. Drieu La Rochelle. Rebatet. Céline. Arletty. Chanel. Chardonne. Weygand. Vallat. Henriot. Darnand. Des hétérosexuels, n’est-ce pas. Personne n’en profite pour décider la condamnation de l’hétérosexualité. Herbart a été ce grand résistant, sous le nom de guerre de Le Vigan, et il est bon de le rappeler, à un moment où l’homophobie se déchaîne dans Paris. Et Herbart n’a pas été le seul gay à résister. Daniel Cordier, que nous admirons tous ; Roger Stéphane, futur cofondateur de France Observateur, aujourd’hui L’Obs ; Jean Desbordes, l’écrivain, amoureux de Cocteau, torturé et tué par les Allemands sans avoir parlé. Tant d’autres, et par exemple le fils de Jacques Copeau, l’homme de théâtre, celui du Vieux-Colombier tout proche de ce square Boucicaut où nous nous trouvons. Eh bien, le fils de Copeau, quand il a voulu se présenter à la députation après la guerre, a fait l’objet d’une campagne de calomnie par les anciens de la résistance même, car on ne pense pas à être humain tout le temps. Rien n’est jamais gagné, et il faudra toujours des Herbart.

« Herbart n’a pas été le seul gay à résister »

Je pense que, si le fantôme de Herbart nous regarde, il sourit. Cet homme qui aurait pu faire une brillante carrière politique ou administrative après la guerre s’en est gardé, retournant à sa nonchalance et à la littérature, qu’au fait il n’avait jamais quittée. Il n’aimait pas être en vue, et nous le mettons en vue, pour lui, pour nous. Je ne vous pas de meilleure façon de contrevenir à son profit à ce qu’aurait voulu un défunt, toujours vivant, grâce à cette plaque, grâce à Paris, grâce à ses livres.



Charles Dantzig est l’auteur de nombreux romans (Je m’appelle François, 2007,  Histoire de l’amour et de la haine, 2015) ; d’essais (Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, 2009, Traité des gestes, 2017) ; de poèmes (Démocratie du bord de mer, 2018), tous publiés chez Grasset, où il dirige la collection et la revue annuelle internationale Le Courage. Depuis 2017, il produit et anime l’émission « Personnages en personne » sur France Culture. Son prochain livre, Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale sera publié à la rentrée.

crédits images : Fondation Catherine Gide / TÊTU