26/09/16 - livre : Je suis en vie et tu ne m’entends pas, Daniel Arsand

Nouveau livre

Daniel Arsand,
Je suis en vie et tu ne m’entends pas, 

Actes Sud, mars 2016, 267 pages, 20 €  



Klaus Hirschkukh, né à Leipzig, a passé 4 ans à Buchenwald.
Il est très maigre et affaibli.
Il revient à Leipzig, déambule avec sa trop lourde valise dans une ville en ruine.
Il cherche Heinz qu’il a tant aimé, déporté en même temps que lui.
Il retrouve sa maison mais pas Heinz, l’accueil est glacial.
Dans le chaos, il a la chance de retrouver l’appartement familial.
Mais le retour dans sa famille est laborieux, au milieu des ruines, occupés par les Russes, ils vivent dans la misère, ils ne peuvent pas comprendre ce fils « prodigue » qui a du passer du bon temps ; son frère, en particulier, supporte mal ce retour de la brebis galeuse.
Au bout d’un long temps de réadaptation, il finit par trouver un travail chez un tailleur. Il aime ce métier et cela va le sauver.
Les terribles images du camp lui reviennent sans cesse à l’esprit. Il a été un bouc-émissaire facile, une proie sexuelle pour d’autres prisonniers, et pour le kapo qui le traite de cochon.

Il met un temps très long avant de retrouver ses sens, et à retrouver le désir des garçons.
Il trouve l’occasion de partir en France, il quitte sans regret ce pays qui l’a tant fait souffrir.
En France, il rencontre des garçons, avec lesquels il vit des périodes plus ou moins longues.
Il n’est pas un militant de la cause homosexuelle, mais lorsqu’il entendra des propos publics mettant en doute la déportation des homosexuels, il s’insurge à sa façon.

L’écriture d’Arsand approfondit les souvenirs, les sentiments, elle nous fait vivre toutes les évolutions de ce que vit Hischkukh, de ce qu’il a vécu et de ce qu’il revit, elle suit de près son retour à la vie.

A travers cette histoire on saisit que Daniel Arsand s’est imprégné d’histoire, l’Allemagne défaite, la désolation, l’occupation ; il s’est immergé dans la vie des déportés pour homosexualité ; parmi d’autres, le parcours de Pierre Seel l’a inspiré, mais son héros, Klaus Hirschkukh, ne s’est pas marié, il choisit de vivre son homosexualité.

critique du Salon Littéraire : http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/actes-sud/review/1940736-je-suis-en-vie-et-tu-ne-m-entends-pas-de-daniel-arsand-les-garcons-et-la-mort

critique de Libération  : http://next.liberation.fr/livres/2016/09/16/klaus-survivant-des-camps-ecce-homo_1499539